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Le site francophone majeur sur le thème de la démocratie
électronique est :
http://www.democratie-electronique.org/
Faute
d'y trouver facilement des références sur les
fondements même de la démocratie, à savoir le
débat argumenté et l'organisation de la liberté
d'expression, il est nécessaire d'expliquer la logistique et
les usages internet indispensables à l'émergence d'une
démocratie électronique équitable.
Le
précurseur majeur à l'organisation d'une liberté
d'expression en France est Emile de Girardin (1806-1881) :
Moyens
législatifs de régénérer la presse
périodique, d'étendre la publicité et de régler
la polémique sans inquisition intérieure, censure,
délation, cautionnement ni timbre...par M. Émile de
Girardin. 1835. (cf. consultations en ligne possibles sur le site de
la Biblithèque Nationale de France http://www.bnf.fr).
En
s'inspirant de l'avance prise par la presse anglo-saxonne Emile de
Girardin, député, propose en 1835 une organisation
démocratique de la presse nationale ; l'esprit de ces textes
peuvent et doivent être adaptés à la démocratie
électronique.
Ce sont les problématiques de
communications humaines de personne à personne et de personne
à groupe de réflexion qui forcent à cette
oxymore associant organisation et liberté.
Comment, en
effet, tout le monde pourrait-il parler à tout le monde et se
faire entendre de tout le monde sans un minimum d'organisation et de
définition de règles et d'usages ?
Mais quel sens
donner à la Liberté d'Expression ?
La Liberté
d'Expression appliquée à la Démocratie prétend
réunir les conditions favorables à l'accès à
tous les moyens d'information permettant aux citoyens d'agir et de
décider en connaissance de cause.
L'outil internet
permettant un accès équitable aux informations est par
essence le moteur de recherche qui doit classer les pages en fonction
de leur pertinence vis à vis des requêtes.
Mais il ne
suffit pas d'avoir accès aux seules informations, il est
nécessaire de pouvoir communiquer afin de progresser dans la
connaissance et la maîtrise des problèmes.
Les forums
ou groupes de discussion sur l'internet, comme les réunions
publiques, réunissent en moyenne quelques dizaines à
quelques centaines de personnes ; il est difficile humainement de
gérer de véritables débats pour plus d'un
millier de personnes au delà ce sont des débats limités
à quelques personnes d'un plateau radio ou télévision
avec quelques auditeurs s'adressant à des milliers ou des
millions de personnes en mode de diffusion.
Pour s'assurer que
chaque citoyen peut accéder à un véritable
groupe de diffusion et qu'il peut s'y exprimer comme il le préfère
en particulier sous le couvert ou non de l'anonymat, il convient de
mettre en oeuvre des outils internet adaptés et de définir
des règles d'usage assurant la percolation démocratique
des idées et informations de groupes à d'autres.
Le
maillage des groupes peut être géographique, fonctionnel
ou pyramidal, voire politique ...
Pour illustrer la problématique
des liens entre groupes de discussion prenons l'organisation des
fédérations de parents sur l'Europe et plus
particulièrement celui de la FCPE : sur chaque département
il y a quelques centaines de conseils locaux regroupant quelques
dizaines à quelques centaines d'adhérants, la
fédération nationale comporte quelques dizaines
d'administrateurs et assure des liens avec la centaine de conseils
départementaux. La PEEP, autre grande fédétation
de parents en France, est organisée sensiblement de la même
façon. Au niveau européen l'EPA (European Parent
Association) regroupe toutes les associations de parents de tous les
pays européens. Dans cette découpe administrative des
groupes il y a, à priori, légitimement au moins 2
groupes internet à chaque échelon :
-1) Un groupe de
travail et de discussion réunit les administrateurs de chaque
échelon (i.e. typiquement une dizaine de personnes pour un
conseil local, une vingtaine de personnes pour un conseil
départemental et une trentaine pour le conseil national).
-2)
Un groupe de diffusion en direction des administrés de
chaque échelon (i.e. quelques centaines d'adhérents
pour les conseils locaux, quelques centaines de conseils locaux par
département (représentés chacun par au moins 2
personnes), une centaine de conseils départementaux pour le
conseil national et quelques centaines de fédérations
de parents au niveau européen.
Les fédérations
de parents ont donc une structure naturellement pyramidale s'appuyant
sur la découpe administrative du pays.
Pour fixer les idées
sur un cas concret de percolation d'information sur l'ensemble de la
structure prenons un problème de suppression ou de réduction
d'option : c'est le conseil local qui est alerté et il va
faire remonter l'information sur le conseil départemental qui
va regarder la répartition de l'option sur le département
et l'Académie concernée et le cas échéant
faire remonter l'information au niveau national qui peut
éventuellement en débattre au niveau européen.
En parallèle, s'il s'agit de la baisse des enseignements
d'allemand, le conseil local peut consulter le conseil local de
l'établissement allemand avec lequel il est jumelé pour
échanger sur le problème réciproque des options
de français en Allemagne et de la pérennité des
voyages scolaires entre les 2 établissements ....
Le but de
ces groupes démocratiques est donc aussi de détecter
les problèmes en restant à l'écoute de
l'expression de chacun et de savoir en discuter à chaque
échelon pas seulement en vue d'élections mais bien au
fur et à mesure de leur émergence.
Les messages échangés
dans les groupes internet sont principalement de 3 natures :
-1)
évènementiel annonçant, par exemple, de la date
et du lieu d'une réunion.
-2) informatif ayant vocation à
expliquer au membre d'un groupe où se trouvent les bonnes
informations.
-3) débat permettant de décider, par
exemple, de la date, du lieu et des modalités d'une
réunion.
Les deux premiers types de message sont le propre
de liste de diffusion, le troisième type est propre aux
forums.
Pour faciliter l'entrée de nouveaux dans les
groupes il est nécessaire de préparer des synthèses
ou FAQ (Foire Aux Questions, équivalent acronymique de
l'appellation d'origine anglo-saxonne Frequently Asked Question).
Il
existe des outils internet pour faciliter la mise au point
collaborative de FAQ : faqomatik (genre de wiki), lurker (par
extraction de fils de discussion).
Au niveau des usages, il
convient de modérer les débats en mode argumenté
pour éviter les dérives polémiques ou délirantes
(cf. http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/ses/ecjs/argumenter.html).
Evidemment chaque sondage ou vote électronique doit être précédé de débats qui permettent d'aborder le maximum de questions avant de demander à chacun de prendre part au sondage ou vote (cf. Votes et algorithmes de Condorcet : voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Système_de_vote , lire « Condorcet, un intellectuel en politique », Elisabeth et Robert Badinter, Fayard, 1988, ISBN 2.213.01873.1.)
Dans la situation actuelle de mutations technologiques majeures et de redéploiements massifs de services publics et de grandes entreprises il devient nécessaire d'organiser l'écoute et la liberté d'expression pour chercher et trouver plus rapidement de nouvelles façons de mieux vivre en société.
La proposition de structuration en groupes de discussion de tailles humainement gérables assortie de disciplines de fonctionnement en débats argumentés conduisant à des synthèses (FAQ) et des sondages ou vote, augmentée de mécanismes de transmission des idées entre groupes, permet d'entrevoir l'émergence d'une gouvernance totale où aucun citoyen ou travailleur ne pourra plus se plaindre de n'avoir pas eu la parole et de ne pas avoir eu la chance d'être entendu (à défaut d'être écouté) ; le corollaire est évidemment au travers d'outils puissants de scrutation et structuration des expressions de chacun, la possibilité pour les responsables et les élus de disposer d'informations beaucoup plus fines des attentes et propositions de leurs administrés ou collaborateurs.
Condorcet aurait très certainement adhéré à cette opportunité que nous offent actuellement les Technologies de l'Information et de la Communication d'organiser totalement la liberté d'expression au point que la parole de tous les citoyens d'un pays ou de tous les employés d'une entreprise puisse effectivement être prise en compte.
Cette organisation de la liberté d'expression n'est évidemment qu'un outil qui ne garantit pas son effectivité ; cet outil, comme beaucoup d'outils puissants et complexes, peut être perverti de multiples façons et il convient, par exemple, de réfléchir aux façons de garantir un anonymat administrable et d'offrir des mécanismes poussant chacun à toujours chercher à offrir le meilleur de soi-même à la collectivité.
De cette recherche de l'épanouissement de chacun au sein de la société au travers de la liberté d'expression dépend le développement durable des connaissances.